« Perestroïka française, les reformes doivent être maintenues ! | Page d'accueil | La société de défiance »
17.11.2007
Le libéralisme pour les débutants
Trois nouveaux chapitres :
La concurrence 2
La guerre économique
La concurrence pure et parfaite
« Perestroïka française, les reformes doivent être maintenues ! | Page d'accueil | La société de défiance »
Trois nouveaux chapitres :
La concurrence 2
La guerre économique
La concurrence pure et parfaite
Commentaires
Lu sur le site du Monde.fr :
"
...[SNIP FAIT PAR DANIEL T.]...
e "des moyens bien réels et abordables pour combattre le changement climatique."
Daniel TOURRE, quand allez-vous sortir la tête du sable ? Redressez-vous. Regardez la réalité autour de vous. Je sais, c'est toujours difficile de confronter la réalité avec son idéologie. Mais vous pouvez le faire. Le libéralisme économique nous conduit vers la catastrophe. L'ORGANISATION DES NATIONS UNIES le reconnaît. Seuls les Etats peuvent inverser la tendance grâce à des politiques dirigistes.
Ecrit par : Instit | 19.11.2007
Serieusement Instit, un petit message même pas tellement argumenté de temps en temps pourquoi pas.. Ca permet de se defouler..
Mais les gros copier/coller du monde de 500 lignes, c'est assez pénible et ça fait un peu bombardement massif.
Ecrit par : Daniel T | 19.11.2007
Daniel Tourre, vous écrivez : "Mais les gros copier/coller du monde de 500 lignes, c'est assez pénible et ça fait un peu bombardement massif. " Puis vous mettez aussitôt en ligne un rapport du CEPREMAP de ... 102 pages !
Et ça, ce n'est pas pénible ?
Et ça, ça ne fait pas bombardement massif ?
Faites ce que je dis. Ne faites pas ce que je fais.
Ecrit par : Instit | 20.11.2007
" Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a ..[COUPURE PAR DANIEL T.]
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-979485,0.html
Ecrit par : Instit | 20.11.2007
@Instit
Un lien suffit, ce n'est pas la peine de copier-coller l'article (et c'est assez pénible) ;)
Ecrit par : Mateo | 21.11.2007
Bonjour,
Un mot de félicitations pour ce travail que j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir. Vous avez un talent rare pour présenter les choses clairement et avec humour. Vous m'avez éclairé sur bien des points de la doctrine libérale.
Bien à vous et merci.
Ecrit par : Philo | 27.11.2007
Pourquoi ne pas faire imprimer "Le libéralisme pour les nuls", et le distribuer lors d'actions appropriées à la place des habituels tracts?
Plus cher, sans doute, mais probablement plus efficace. C'est un remarquable digest pédagogique, c'est drôle, c'est stimulant pour l'intellect.
Les gens lisent bien 20 Minutes, Direct Soir ou Métro qu'on leur fourre entre les mains, et c'est loin d'être aussi spirituel et aussi intéressant.
Ecrit par : Robert Marchenoir | 06.12.2007
Bonjour. Ah ouais... il y a là plein de bon gros postulats qui ne sont pas du tout interrogés...("des axiomes" irréfutables...). Ceci dit, ce libéralisme pour les débutants est dans l'ensemble assez honnête : c'est pour les débutants. Lisse, sans aspérité, sans questionnement, un écrit qui ferait presque passé Hayek et Friedmmann pour de gentils bonhommes. Ah... la conccurence libre.et non faussée..où on hérite comme par miracle de rien au départ (ironie, je précise...)....Le ban de sardine comme métaphore d'un système auto-régulé...le respect des "lois" spontannées de la "nature"...le contractualisme entre "acteurs".... Magnifique. Splendide. Un vrai conte de fée pour les petits.
Yannos.(:)).todeti (qu'est ce qu'on rigole ici...)
Ecrit par : yannos.(°°).todeti | 07.12.2007
Voilà un message extrait d'une discussion fort sympathique entre libéraux nouvelle tendance. Ce message exemplifie de manière plus "abrupte" la pensée et la méthode souhaitée par certains membres d'alternatives libérales, ces chers amis de la "liberté" :
-Stigmatisation d'hommes et de femmes inclus dans la catégorie sociale des "bobos"....
-Référence à Pinochet comme homme providentiel.
-L'Autoritarisme proné comme nécessaire durant une période de transition plus ou moins longue.
Bien sûr : au nom de la liberté...Vous avez dis : Terreur ?
"très bon article qui souléve un point important: il m'a permis de "mettre un mot" sur la raison pour laquelle le programme d'Alternative Libérale me laisse froid et sceptique.
- du reste, si je puis me permettre, le rêve d'une possible "révolution libérale" (navré pour le "révolution") n'est qu'une utopie.
les fondateurs d'A.L. attendent un miracle: que brusquement, d'un coup, d'un seul, la majorité des Français, toutes générations confondues, abandonne spontanément une aversion envers le libéralisme dûe à des décennies de dressage... or le "propagandé" cherche précisément à recevoir sa propagande: ceux qui se déplacent pour aller voir une nouvelle falsification de la vérité commise par Michael Moore paient leur billet en s'attendant justement à ce que ledit Michael Moore les conforte dans leurs croyances; si dés demain celui-ci sortait un nouveau film intitulé "Finalement, les USA, c'est quand même pas mal, comme pays", il perdrait vite la totalité de son public.
et comme la seule solution pour contrer toute propagande "déjà incrustée" est que le "propagandé" soit touché par la grâce et décide subitement de remettre en question tout ce à quoi il a cru et ce sur quoi il a fondé son identité ("je SUIS" de gauche/de droite...), étonnant donc que "les gens d'A.L." imaginent pouvoir parvenir à sauver un pays où tout politique se dit "anti-libéral" ou au minimum "opposé au libéralisme" pour ne pas s'attirer les foudres citoyennes: même si leurs efforts sont louables, le probléme est qu'à mon sens ils s'échinent à essayer de faire tomber un mur de béton en le bousculant...
le grand paradoxe qui attend tout libéral désirant que ce pays puisse s'en sortir en devenant enfin libre est le suivant: il est plus que probable que seules des méthodes autoritaires pourraient permettre un changement réel et durable; bref pour que la France devienne libérale il semble inévitable de devoir passer par une phase ou des décisions liberticides devraient être employées.
question de réalisme: à époque désespérée, méthodes désespérées... j'irais plus loin qu'Archilibéral: c'est d'abord un Pinochet qu'il faut pour les 5 premiéres années, sans les tortures et assassinats, puis un Reagan ou une Thatcher les 10 années suivantes afin que soient bien enracinées les solutions et valeurs libérales en France.
Et comme cela n'aura très certainement jamais lieu, il me paraît plus sage de miser sur une diaspora outre-Atlantique, le Free State Project est selon moi la meilleure option.
-une derniére chose, j'aurais préféré vous l'indiquer par mail afin d'éviter de le faire en public mais je n'ai pas trouvé de lien vers votre adresse mail; j'ai remarqué deux fautes d'orthographe, que je corrige ici: "cautionner" (liboboralisme, troisiéme paragraphe) et "ambivalence" (dans "philosophie et société", l'extrait de film sur la soi-disant ambivalence féminine).
feel free to erase this part of the comment if wished ;)
Ecrit par : French Cat | 10.11.2007 "
message glâné parmi d'autres et qui circulent désormais sur le net..... Celui-ci provient du site de jono, membre de ce grand mouvement qu'est A.L.
Tout d'un coup, c'est bizarre, la liberté selon Alternatives libérales ressemble fort au....Totalitarisme ? Belle envolée autoritaire à peine contestée par certains autres intervenants du blog de jono. On discute entre faf, alors ?
P.S: (Re)lisez au moins anna Harendt. Par pitié.
Bye...
Yannos.(:)).todeti
Ecrit par : yannos.(öô).todeti | 07.12.2007
Oui, cet article s'adresse aux débutants, et il est volontairement vulgarisateur. Que reproches-tu à son auteur? De ne pas avoir le talent d'un Von Mises, d'un Rothbard ou d'un Hayek? Penses-tu que les premières choses à lire pour les débutants soient ces auteurs-là?
L'article de Daniel Tourre est agréable à lire, drôle, accessible à tout un chacun. Et il atteint son objectif: introduire le libéralisme aux néophytes.
Concernant l'hurluberlu qui pense qu'il faudrait un Pinochet en France pour ensuite pouvoir libéraliser la société, la politique et l'économie française, qu'est-ce que cela prouve? Quelle est cette manie de vouloir généraliser à un groupe la façon de penser d'un individu? Surtout qu'il s'agit manifestement d'une pensée ultra-marginale (quand on est libéral, on ne peut accepter le totalitarisme, même de manière temporaire, car c'est exactement le contraire de la pensée libérale)…
Je précise que je ne fait pas partie d'AL et que je ne connais pas ce "jono" ni son blog…
Sur la question, je n'ai aucun espoir qu'une quelconque forme de libéralisme puisse apparaître en France dans l'état actuel des choses, la pensée unique, ou plutôt binaire (de droite conservatrice et associés et de gauche socialiste et assoicés), étant bien trop profondément installée dans la société.
Enfin, concernant Hannah Arendt (et pas anna Harendt), j'imagine que tu fais référence à son oeuvre sur le totalitarisme. Bien que ne l'ayant pas lue, je ne peux qu'être en accord avec ce que j'en sais, et je pense qu'il en est de même pour la quasi-totalité des libéraux, le rejet de toutes les formes de totalitarisme et leur mise sur le même plan (quelque soit l'idéologie sur laquelle il se repose) étant une constante dans la pensée libérale.
Au passage, l'oeuvre de Raymond Aron, grand intellectuel libéral français du 20ème siècle, rejoint parfaitement celle d'Arendt d'après ce que j'en sais, et fait également autorité.
Ecrit par : Mateo | 07.12.2007
Ah au fait, quels sont les postulats "qui ne sont pas du tout interrogés"?
En fait, je n'ai pas bien saisi la série d'objections que tu poses. Pourrais-tu les argumenter?
Ecrit par : Mateo | 07.12.2007
Bonjour. Merci pour votre vive et alerte réponse cher matéo. En premier lieu vous avez bien raison : je me suis trompé lorsque j'ai écris le nom de Hanna arendt....Mais, diable, vous ne l'auriez donc pas lu ? Je croyais pourtant avec une certaine naïveté que chaque pourfendeur "des" totalitarismes ne pouvait se contenter d'une lecture de seconde main. Enfin bon...je taquine....l'un de ses ouvrages (La condition de l'homme moderne) évoque, comme son nom l'indique, la situation de l'homme moderne, notamment celle de l'homme au travail : Vous pourriez y jetter un oeil. Vous y liriez peut-être une très sévère critique du travail telle qu'il se présente dans l'âge moderne (Anna harendt est une conservatrice, et non une libérale). A ce sujet, il faut se mettre en tête qu'elle a été, entre autre, l'élève et la disciple de ce cher Martin heidegger (pourfendeur du capitalisme et de la technique).
Ensuite, pour en venir de nouveau au totalitarisme....bien des penseurs dît de gauche (des marxistes, ouh lala...) ont
pensé et réfléchit aussi ce phénomène d'ordre politique : Théodore adorno, Herbert marcuse, Luckas le dissident polonais, notamment. Ils s'inquiètaient tous à juste titre de la perte possible de l'idée même d'individu...
Sinon, associé le vocable "pensée unique" au partage historique entre la droite et la gauche, notamment en france, me semble assez...curieux. Car la dénonciation de la pensée unique s'est ordonnée en France à partir des mouvements nationalistes de gauche et de l'extrême droite. Ceux sont les premiers qui ont fustigés l'apparition d'une certes trop timide (pour vous, s'entend) forme de libéralisme en France à partir des années 90 : Sur le modèle américain (ce qui n'est pas forcément une critique, mais la reconnaissance d'un fait) plusieurs groupes (tink thank) se sont formés afin de répandre la pensée libérale auprès de nos chères élites. Le plus connus de ces "lobbys" est la défunte fondation Saint-simon. Et les nationalistes de tous bords se sont alors mis à "attaquer" la pensée dîte unique.....soit : le libéralisme.
Par ailleurs, je te remercie de m'indiquer que les quelques commentaires proprement faschistes que j'ai pu lire sur différents blogs libéraux...ne sont le fait que de dangeureux "hurluberlus". Je suis rassuré.
Pour Raymond Aron, certes, tu doit faire allusion à ses "Dix huit leçons sur la société industrielle" ? Admirable lecteur de tocqueville, soit dit en passant. En ce moment même, une édition des ses entretiens avec Michel Foucault (un penseur de 68, un gôchiste...)vient de sortir : Pour tenter de penser la liberté, Michel Foucault est aussi d'une très grande utilité....Surtour si l'on veut dépasser non dialectiquement le clivage, et donc au minimum l'opposition droite/gauche...
Quant aux postulats non-interrogé, je me bornerais à évoquer le plus évident : Quand une concurence libre et non-faussée a-t-elle existé ? Ce principe, car c'est un principe, et non un axiome, est-il le produit d'une abstraction ? Dans l'affirmative, quels sont les éléments d'ordre empiriques qui se trouvent niés durant l'élaboration de cette abstraction ?
Je vous donne un gros indice : pense à la notion d' 'héritage".
Bye...et à bientôt, cher Matéo. Bonne matinée à vous.
Ecrit par : yannos.(öô).todeti | 07.12.2007
Oui, pensée unique, ou plutôt binaire. Qui en France, quel(s) média(s), quel(s) intellectuel(s), quel(s) parti(s), etc., se repose sur des idées ni conservatrices (et associées), ni socialistes (et associées)?
Quasiment tout le monde croit en l'État Dieu, qui résoudra tous les problèmes, aura les solutions à tout.
La "propagande" est très forte, à un tel point que "libéralisme" est devenu un gros mot et "libéral" une insulte…
Enfin bref, ce n'est pas trop le sujet…
Concernant la "concurrence libre et non faussée", je ne comprends pas trop à quoi tu fais allusion dans le texte, mais j'ai peut-être mal cherché.
Pour répondre à ta question, je ne suis pas historien et je ne sais pas si la concurrence a été totalement libre et non faussée (je ne pense pas en fait, connaissant les hommes d'état). En revanche je sais qu'aujourd'hui elle n'est pas libre dans certains secteurs et faussée dans de nombreux domaines, les hommes d'état ayant un irrépressible attrait pour le clientélisme et le corporatisme.
Ou alors, évoquais-tu la concurrence "pure et parfaite", qui elle n'existe pas et qui n'est qu'une chimère inventée par les économistes néoclassiques, comme il est expliqué dans le texte de Daniel Tourré?
Je n'ai pas pas compris non plus le rapport entre l'héritage et la concurrence. Peux-tu développer?
PS: je tiens à l'absence d'accent sur le "e" de Mateo ;)
Ecrit par : Mateo | 07.12.2007
Ah au fait, ceux qui pense que la pensée unique est libérale ne doivent pas savoir ce que "libéralisme" veut dire, car j'ai beau chercher, j'ai du mal à en trouver en France.
En ne tenant compte que de l'aspect économique du libéralisme (ce qui est réducteur, mais en général quand ses contempteurs évoque le libéralisme, ils veulent en fait parler du libéralisme économique), même les pays sociaux-démocrates du nord de l'Europe sont beaucoup plus libéraux que la France…
Ecrit par : Mateo | 07.12.2007
Bonsoir Mateo (vous avez notez, je n'ai pas mis d'accent...(:)) Merci pour vos réponses.
D'abord, quant à ce que vous dîtes de la critique systématique du "libéralisme", laquelle précède son étude, je vous dirais que je ne peux qu'abonder en votre sens.
En règle générale, on tape sur l'Autre avant de connaître exactement ce dont il tente de parler. C'est moins fatiguant intelectuellemnt parlant. Pour exemple, certains "libéraux" ignorent qu'une grande partie des auteurs en philosophie se préocuppent avant tout de la liberté et de l'individu. Ils classe à tort beaucoup de ces auteurs à "gauche", voire à l'extrême gauche. Car la raison de leur conflit provient du seul domaine économique et d'une ignorance mutelle. Pour le reste, sur bon nombre de points, ils pensent tous à peu près la même chose. Leurs différences respectives sur tels ou tels sujets ne sont que des variations par rapports à des point de vues, et non des oppositions irréconciliables.
Par ailleurs, et de la même et triste façon, bon nombre de militants P.S ou d'extrême gauche se contentent de croire en la vertu parfaite de leur point de vue, sans même parfois prendre leurs distances par rapports à certains auteurs....
Pour en venir à la pensée "binaire" : elle signifie qu'il devrait exister une opposition de point de vue, laquelle serait fondée sur, disons, des conceptions du monde, des systèmes d'idées (Louis dumont), différents. Si cette opposition ne masque qu'une "pensée unique", alors cette opposition est fausse. Ce qui veut dire, grosso modo, que le différend entre ces deux positions théoriques est absent.
Or, vous pensez que le dépassement de cette fausse opposition consiterait en l'avènement du libéralisme, disons, "authentique". Bien sûr, si l'on se réfère à John Locke, par exemple (Traité sur la Tolérance), et que l'on fait preuve d'un minimum de probité intelectuelle, alors l'on ne peut qu'approuver sa pensée sur bon nombres de points. L'intolérance religieuse notamment est un frein à la quiétude de la société civile. Si l'on lit Proudhon, on ne peut aussi que souhaiter l'avènement d'une société de petit producteurs indépendants.
Mais, le libéralisme "pur" est, je le crois, une fiction tout aussi dangeureuse que le totalitarisme : elle est une autre forme d'idéologie, tout comme l'Idée "d'une société sans classe", laquelle ignore les affects humains. Ces deux Idées -qui semblent pourtant anthitétiques- sont dangeureuse dans le sens où elles prétendent fonder à nouveau frais l'humanité à partir d'une Abstraction. Loin que se soit le bien commun qui soit recherché dans ces deux cas, c'est le privilège d'un seul point de vue qui doit primer sur l'autre. Tout comme le libéralisme a peu à voir dans les textes avec, disons, l'ulta-libéralisme spécifiquement financier, le socialisme ne devrait n'avoir rien de commun avec une planification outrancière des existences individuelles.
C'est alors la question du type de volonté qui préside à la détermination de ce qui est le Bien qui pose problème : Où situer le bien commun dans l'histoire concrète des hommes, pour qu'ils vivent libres et selon une inégalité la plus réduite possible ? Un auteur comme John Rawls (Théorie de la Justice) a développé une pensée de la société qui correspond à la pensée social-démocrate : elle évite les excès. Elle s'en tient à déterminer un juste milieu au sens d'Aristote. Chez lui, il y a l'idée d'un équilibre dynamique dans la redistribution des richesses produites en société qui doit permettre de ne pas décourager les hommes et les femmes qui ont "réussis" (trop d'impôts, travailler pour les pauvres, uniformisation des conditions et des talents, etc...) tout en assurant une aide nécessaire aux plus démunis afin qu'ils participent également à la société. Autrement dit, cette pensée refuse à la fois l'idée d'un darwinisme social adopté maleureusement par un nombre considérable de pseudo-"libéraux" irréfléchis qui, par leur dogmatisme, confondent théorie de la justice et croyance en la Nature "aveugle".
Car, sans justice, c'est-à-dire sans une médiation permettant de conjurer ou de rendre "vivable" l'inégalité des conditions, une société ne tient pas. En permanence l'équilibre de la société civile se trouve perturbée, en permance l'Etat y apparait à nouveau par l'intervention de ses institutions pour régler les conflits.
Ainsi, pour en venir au myhe d'une absolue concurrence libre et non faussée, c'est ce dogme qui est répandu en France auprès du grand public et qui effraie la population et ridiculise le "libéralisme". Les hommes ne sortent pas de nul part, mais d'abord et avant tout d'un milieu social et économique spécifique : affirmer ainsi que chacun est libre d'entreprendre ce qu'il souhaite sans se soucier de son héritage propre (culturel, relationnel, économique, géographique, etc...) revient à nier le réel au profit d'une abstraction qui convient à une seule partie de la population.
Or, déterminer un équilibre permettant d'engager une émulation réelle entre des individus reconnus libres au départ revient à mettre en place les conditions d'une égalité non faussée. Comment mettre en place cette équilibre qui est "naturel" en droit et qui est contredit dans les faits ? Comment accorder à chaque être de ne pas hériter forcément d'une situtaion inconfortable alors que, théoriquement, on lui octroie par ailleurs la même valeur et la même liberté qu'à n'importe qui ?
Pour finir, les gouvernemenst sociaux-démocrates du nord de l'europe ont un système où bon nombre des "services" sont assurés par l'Impôt. Les prélèvements sont parfois bien plus lourds qu'en France. L'état est donc bien présent.
A bientôt, cher Mateo (sans accent (:)).
Yannos.(:)).todeti
Ecrit par : yannos.(öô).todeti | 08.12.2007
«Pour en venir à la pensée "binaire" : elle signifie qu'il devrait exister une opposition de point de vue, laquelle serait fondée sur, disons, des conceptions du monde, des systèmes d'idées (Louis dumont), différents. Si cette opposition ne masque qu'une "pensée unique", alors cette opposition est fausse. Ce qui veut dire, grosso modo, que le différend entre ces deux positions théoriques est absent.»
Oui, c'est ce que je pense, mais tu le dis beaucoup mieux que moi ;)
Socialisme et conservatisme, malgré la farouche opposition de leurs partisans, me paraissent reposer sur le même schéma de pensée: dans les deux cas on crée des catégories arbitraires dans lesquelles on classe les individus et ces catégories sont nécessairement en opposition. Il faut dès lors avoir recours à l'État, qui est sensé protéger la catégorie que l'on défend. Les critères de justice des actions l'État sont alors ceux de sa propre morale, évidemment tellement supérieure à celle de l'autre camp.
Quant à l'avènement du libéralisme authentique, je n'y crois malheureusement pas. L'étatisme, c'est comme une drogue, ça fait planer et on se sent bien sur le coup. Puis vient la descente qui nécessite une nouvelle dose. C'est un cercle vicieux. Et si un jour on arrête on voit rapidement apparaître les symptômes du manque, le sujet est pris de convulsions, il souffre énormément et il lui fait une volonté énorme pour résister à l'appel d'une nouvelle dose. Je n'ai vraiment pas l'impression que les Français sont prêts à arrêter de se shooter à l'état-providence.
Je ne vois pas en quoi un libéralisme "pur" serait dangereux car et en quoi ce serait une "idée prétendant fonder à nouveau frais l'humanité à partir d'une Abstraction", tout comme le totalitarisme. De plus "l'ultra-libéralisme", je ne sais pas ce que ça veut dire. J'ai beau entendre ce terme tous les jours, je n'ai pas compris à quoi cela faisait référence (libertarianisme? minarchisme? anarcho-capitalisme?). Mes recherches sur Wikipedia ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Ultralibéral ) ne m'ont pas permis de comprendre d'avantage.
Concernant Rawls, j'avoue ne pas avoir lu son oeuvre non plus, mais j'ai tendance à me méfier de ceux qui veulent "lutter contre" les inégalités (même si d'après ce que j'en sais, Rawls admet que certaines inégalités sont "justes"). L'article de Jesrad ( http://jesrad.wordpress.com/2007/01/11/quest-ce-que-lutilitarisme-de-rawls/ ) m'inquiète un peu sur la théorie de la justice de Rawls.
En parlant de Jesrad, c'est un libertarien, quelqu'un de très intelligent et cultivé (ne pas se fier à son ton parfois provocateur), et je dois dire que j'aimerais bien assister à un petit débat entre vous deux :D Sa série "éconovomie" ( http://jesrad.wordpress.com/category/econovomie/ ) et notamment ses "cours de praxéologie aléatomadaire" sont très intéressant et de donneront certainement matière à débattre.
Pour l'aide aux lus démunis, tu prêches un convaincu, puisque je suis libéral-social (j'ai pas dit social-libéral hein ;) ), même si je reste conscient que cela diminue la richesse globale et éloigne un peu de l'optimum économique.
Par contre, je n'ai jamais entendu de libéral ayant "adopté" le darwinisme social. Au contraire, il me paraît beaucoup plus courant que ce soit certains collectivistes qui croient voir une forme de darwinisme social en "observant" le marché libre…
Je ne sais pas non plus ce qu'est la croyance en la "Nature".
Effectivement, une société a besoin de justice. Pour défendre les droits naturels des individus. Pour les libéraux classiques, ce devrait d'ailleurs être la seule fonction de l'État: la défense des droits naturels par la justice, la police, la défense et la diplomatie, tâches sites régaliennes.
Une concurrence libre et non faussée est théoriquement possible si l'État arrête d'intervenir dans l'économie en "favorisant" certains acteurs au lieu d'autres, en "protégeant" certains secteurs, en "subventionnant" certaines industries etc. Ne perdons pas de vue que toute aide de tout type accordée à une ou plusieurs entreprises fausse la concurrence de l'ensemble du marché et non seulement du secteur dans lequel exerce ces entreprises. A l'heure actuelle, il serait effectivement utopique de croire que cela arrivera à court ou moyen terme.
Par contre, j'ai l'impression que tu fais une confusion sur la nature de la liberté. Ne serais-tu pas en train de dire que certains sont "moins libres" que d'autres de part leur patrimoine économique, culturel, éducatif, social ou que sais-je encore? En démocratie, tout le monde est libre d'entreprendre (sauf dans certains secteurs dont l'État a décidé qu'il ne devait pas avoir de concurrents). Il sera plus difficile pour certains d'entreprendre et a fortiori de réussir, certes, mais tout le monde est libre de le faire.
Et il est totalement illusoire de vouloir mettre en place une égalité de conditions entre tous les individus, ce que l'on appelle l'égalitarisme. Seule l'égalité en droits peut et doit être assurée. D'une part parce-que les facteurs d'inégalité de conditions sont quasi infinis (celui qui naît dans une famille mono-parentale a en général moins de chances que les autres; l'État doit-il lui "fournir" le parent manquant?) et d'autre part car la "valeur" de ces différentes conditions est subjective et varie donc selon les individus (pour certains, il sera plus important d'avoir des parents à même de fournir une éducation correcte, pour d'autres ce sera d'avoir des parents ayant des moyens financiers importants etc.).
Enfin, les pays scandinaves ont effectivement un taux de prélèvements important et de nombreux services sont assurés par l'impôt (mais il arrive souvent qu'il suivent plus ou moins les règles du privé). Il va sans dire que le système de ces pays est pour moi meilleur que le nôtre (en même temps, c'est pas bien difficile). Mais il ne constitue pas pour autant la panacée.
A bientôt.
PS: tutoies-moi, je t'en prie ;)
PPS: je risque de ne pas avoir beaucoup de temps pour continuer le débat
Ecrit par : Mateo | 09.12.2007
En ce qui me concerne, j'espere bien parler de Rawls et son adversaire Nozick.
En ce moment je suis train de lire 'Libéralisme et justice sociale' de Jean-Pierre Dupuy. Un livre assez savant et un peu confus pour l'instant..
Mais je ne resiste pas à vous citer un paragraphe de l'introduction :
(parlant des années 70 puis 80) :
A cette époque le libéralisme, en France, était au pouvoir et les intellectuels étaient de gauche. Personne, à part quelques économistes et historiens de la philosophie, ne s'interessaient à la tradition qui fait l'objet de mon étude qui de Smith à Hayek, des utilitaristes à Rawls, de Locke à Nozicj, fait corps avec une societée dominée par l'économie.../... Puis la gauche vient pouvoir .../... en ce temps je peux en porter témoignage. on pouvait se faire expulser du ministère de la Recherche pour prétendre organiser dans son enceinte un séminaire sur la pensée de John Rawls, tenue pour ultra libérale. Il paratrait que l'auteur de Théorie de Justice est promu aujourd'hui maitre à penser du socialisme à la française en mal de renouveau."
Ecrit par : Daniel T | 09.12.2007
Les commentaires sont fermés.