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22.07.2007
Alegria, le cirque se renouvelle & Pas allegretto, le cirque politique radote
J'avais une image un peu viellotte du cirque, une sorte de spectacle un peu ennuyeux que l'on va voir surtout pour soutenir ces artistes qui se donnent autant de mal. Des numéros un peu kitsch que l'on admire plus pour la performance physique que pour le spectacle lui même.
Je ne crois pas d'ailleurs y être aller depuis mes 10 ans.
Et puis la semaine dernière, je suis allé voir le cirque du soleil qui a planté son chapiteau prés du Stade de France.
C'est un spectacle fabuleux, rythmé, des costumes magnifiques, des numéros bien conçus qui s'enchaînent comme dans un spectacle 'continu'. Et des clowns qui font rire ! Un début de fusion de plusieurs arts, musique, danse, acrobatie et trapèze.
Le cirque n'est pas mort, et si toutes les compagnies qui tournent ont suivi ce renouveau, il a même un grand avenir.
La modernité de ce cirque s'étant même infiltrée dans ces aspects moins folkloriques. Des sponsors omniprésents dans la salle (pas encore sur scène merci bien. Pas encore d'artistes déguisés comme les coureurs cyclistes), un long entracte pour errer dans un grand magasin de merchandising... Mais bon si c'est le prix à payer pour un spectacle
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http://www.cirquedusoleil.com/
Coté politique, deux interventions pour le bêtisier de l'été 2007.
D'abord Sarkozy qui ferait bien de virer Guaino avant qu'il ne soit trop tard :
"On peut être aussi libéral que l’on veut, on peut attacher beaucoup de prix à l’initiative individuelle, au marché, à la concurrence, on peut placer la liberté au-dessus de tout, mais on ne peut pas imaginer la France sans un Etat fort.
Il y a des pays comme les Etats-Unis où c’est la Nation qui a fait l’Etat et il y a des pays comme la France où c’est l’Etat qui a fait la Nation. Il y a en France un rapport à l’Etat qui étonne une grande partie du monde, mais qu’on le déplore ou qu’on s’en réjouisse, il est un fait que beaucoup de ce qui s’est fait de plus grand en France a été fait par l’Etat.
L’Etat a toujours été en France l’un des leviers de la modernisation et du progrès - et que deviendraient vos régions si l’Etat les abandonnait ? L’Etat a toujours été en France le principal agent de transformation sociale. Il a été le catalyseur de toutes les réformes intellectuelles et morales et de toutes les révolutions des mentalités qui permettaient de rompre avec la fascination du passé. Ce n’est pas un hasard si la réforme de l’Etat a toujours été en France le préalable à toute grande entreprise publique.
[...] Comme c’est le cas aussi dans les modèles les plus libéraux, où l’on ne croit qu’à la société civile, où l’idéal est celui de l’Etat minimum, où toute forme de pouvoir est considérée à priori comme une menace pour la liberté.
En France, c’est l’Etat qui a donné la liberté et inventé les Droits de l’Homme. En France, l’Etat doit être assez fort pour dominer les vieilles propensions de notre Nation à la division." Epinal 12 juillet
Sic. Sic et ReSic. L'Etatisme béat a de beaux jours devant lui.
Et puis cette perle dans les attendus enterrant le CNE (je connais mal le monde judiciaire, et j'imagine qu'on doit y trouver régulièrement de la matière à un bêtisier, mais celle ci en dit long sur la culture économique des personnes qui ont rédigé ce texte) :
"..dans la lutte contre le chômage, la protection des salariés dans leur emploi semble être un moyen aussi pertinent que les facilités données aux employeurs pour les licencier et qu'il est pour le moins paradoxal d'encourager les embauches en facilitant les licenciements.."
p 12 http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/cne_appel.pdf
Il n'y a pas un artisan ou un chef d'une petite entreprise qui pourrait expliquer en deux mots à ces magistrats pourquoi savoir que l'on ne peut plus se séparer d'un salarié en cas de diminution du carnet de commande fait réfléchir à deux fois avant d'embaucher quelqu'un ?
16:25 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
05.07.2007
Perestroika universitaire ?
Enfin ! Enfin l’université Française évolue (un peu).
Ayant fait, il y a 16 ans, une partie de mes études dans les universités Françaises, j’ai eu la chance de gouter à tous les dysfonctionnements de ces nobles institutions.
Je me souviens de cette queue d’inscription ‘ouverte à tous les bacheliers’ mais ou les places étaient offertes en fonction de l’ordre d’arrivée. Le long serpentin de jeunes munis de leurs documents obligatoires bruissait de rumeurs au fur et à mesure que les sections se remplissaient. Le jeune devant moi voulant être historien à 8h00, acceptant d’être psychologue à 10h00 et finalement se décidant à contre cœur pour latiniste en arrivant au guichet d’inscription.
Les syndicats d’étudiants s’étaient largement battus pour ne diminuer le budget d’aucun département (en s’associant avec certains profs menacés dans leur pouvoir) -non à une université au service des patrons !- Les bacheliers sans beaucoup de réflexions sur leur avenir se retrouvaient comme chair à canon de départements fossilisés.
Je me souviens de l’hécatombe durant la première année des jeunes bacheliers pas du tout préparés, parfois peu motivés perdus dans des dédales de cours de qualité inégale et d’examens ubuesques. De certains professeurs blasés ou incompétents considérant de toute manière qu’avant la troisième année, il est statistiquement inutile d’en faire trop pour un étudiant. Après la troisième année, non plus d’ailleurs, la qualité du travail pédagogique n’étant évaluée par personne, et certainement pas par les étudiants.
Je me rappelle de ma surprise lorsque j’ai découvert une université Néerlandaise dans le cadre d’un échange Erasmus. Une université agréable avec des bureaux de profs ouverts en permanence pour les étudiants, des groupes de suivi, des examens conçus pour balayer une grande partie du programme afin de donner une note représentative du niveau de l’étudiant et non un résultat de loterie un peu amélioré.
Et de ma honte quelques mois plus tard, lorsque un étudiant néerlandais stupefait a découvert le système français entre ses traditions kafkaïennes, ses traditions ubuesques et l’indifférence complète du système pour les étudiants. (Dans une faculté de Physique de Strasbourg pourtant bien réputée)
Je me souviens de ma dernière année de sciences physiques en Ecosse. Une année payante assez chère 5000 euros avec un système de prêts pour les étudiants. Avec un tel investissement, les étudiants étaient motivés pour ne pas perdre une année. Des étudiants exigeants avec leur faculté et leurs profs. Des profs travaillant avec des étudiants intéressés et intéressants.
Je rappelle enfin de l’état d’esprit des jeunes britanniques avec leur diplôme. Un diplôme qui n’était pas une fin en soi, ni surtout un label pour une vie entière. Les plans de carrière ne dépendent pas que du diplôme que l’on a acquit à 23 ans, mais sur ce que l’on est capable d’occuper comme fonction à l’instant t selon sa motivation et ses connaissances.
On retrouvait donc des jeunes ayant des bonnes notes à leur diplôme d’histoire être embaucher par des cabinets de conseils privés. Ils avaient prouvé en quatre ans qu’ils savaient travailler sérieusement, chercher des informations avec discipline et les retranscrire.. le reste pouvait s’apprendre sur le tas en entreprise. Quel contraste avec nos étudiants en histoire n’ayant comme unique perspective que l’enseignement ou d’autres concours de la fonction publique (de préférence réservé aux titulaires de brevet des collèges.)
L’université Française prend un peu d’autonomie. Enfin !
Mais c’est largement insuffisant.
Il faut tendre vers une autonomie complète sur les moyens, l’organisation, la sélection des étudiants et le recrutement des profs. Les demi-autonomies laisseront prospérer encore les zones de fonctionnement à la soviétique avec ses gaspillages, ses hypocrisies et ses luttes d’influences dans l’ombre.
Il faudrait aussi mettre fin à la gratuité. D’abord l’université n’est pas gratuite, elle est payée par les contribuables, y compris les étudiants qui consomment en France. La ‘gratuité’ empêche simplement les étudiants d’exercer une pression sur l’université pour améliorer les conditions études. (Des systèmes de bourse, de prêts ou voir de chèque éducation supérieure permettrait aux faibles revenus d’accéder aux études supérieures.) En donnant aux étudiants une partie des clés de la bourse on les ‘écoutera’ au jour le jour avec beaucoup plus de justesse et d’attention qu’en invitant une fois par an des syndicats ultra politisés qui ne représentent qu’eux-mêmes (le taux de participation aux élections syndicales étudiantes fleurtent régulièrement avec les 1%).
Après plusieurs décennies de soviétisme poussiéreux (et quelques oasis de bonnes volontés) la porte de l’université Française vient de s’entrebâiller..
Vivement l’ouverture des fenêtres et le grand courant d’air frais qui suivra.
Aprés la perestroika, la chute du mur ?
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