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16.06.2007

Alternative Libérale v2.0

Après 18 mois d’existence entièrement tendue vers les élections, Alternative Libérale va pouvoir faire un premier bilan.

Nos résultats électoraux n’ont pas été bons. Nous savions bien qu’il existait un plafond de verre infranchissable pour un parti inconnu porté par des candidats inconnus défendant une idéologie très mal connue.

Un plafond d’environ 2%.  A part nous cogner dessus, nous ne pouvions pratiquement rien faire contre ce plafond.

Par contre il dépendait de nous de l’atteindre. Et là, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’aucun candidat ne s’est fait une bosse le soir du premier tour. 

Bien remis de ma non-bosse, voici en vrac mes réflexions :

Je reste convaincu de la nécessité d’un parti exclusivement dédié au libéralisme dans notre pays. 

Les courants libéraux  présents  dans les grands partis UMP, Modem, PS sont les oubliés des discours politiques. Les dirigistes dans chacun de ces partis étant systématiquement majoritaires, les libéraux en sont souvent à espérer ou à deviner un positionnement libéral en lisant entre les lignes des discours de leur leader.

Le libéralisme n'est pas vendeur électoralement et il ne peut pas le devenir si personne ne l'explique, ne le défend dans les débats, dans les communiqués de presse au jour le jour, dans des tractages.

Notre jeune parti tente de jouer ce rôle depuis maintenant 18 mois. Il s'agit d'un effort énorme et d'un exploit accompli largement par quelques dizaines de personnes rassemblées avec Edouard qui ont créé une organisation, une structure, des financements, une marque, un programme, un pôle de formation, une vitrine web et des tentatives continues pour percer le mur médiatique avec quelques succès. En si peu de temps, pour quiconque connait le monde politique, il s'agit réellement d'un exploit.

Le résultat est là : il y a maintenant un vrai parti politique, un bon millier d'adhérents.

Malheureusement avant de partir à la conquête de nouveaux sympathisants, nous n'avons pas su rassembler l'ensemble des libéraux ou au moins être considérés avec sympathie par certains d'entre eux.

Dans l'urgence de la création d'un parti, on ne peut pas demander l'avis de tous en permanence mais il est clair que des divisions ont été créées sur des sujets qui n'avait pas grand chose à voir avec le libéralisme. Des bonnes volontés se sont éloignées par dépit et certains libéraux en dehors d'AL nous observent avec méfiance.

Alternative Libérale doit rassembler ou au moins avoir la sympathie des libéraux quels qu'ils soient :

Plutôt libertaires ou plutôt classiques.

Compte tenu de l'ambiance en France, ce qui nous rassemble est nettement plus important que ce qui nous sépare. On peut facilement s'entendre dans un même parti sur l'essentiel.

A Bordeaux, à Marseille, à Strasbourg, à Paris.

Entre l'ADSL, les videoconferences il n'y a aucune raison que les centres de décision soient à Paris. Notre parti est nouveau, alors autant travailler en réseau. (Les AG ne doivent pas forcément être parisiennes, un petit pastis ou un bourgogne libéral ça ne doit pas être mal.)

Les seniors, les juniors et les divers.

Pas d'arrogance des jeunes qui débutent et qui n'ont RIEN prouvé.
Pas de féodalité des anciens, le libéralisme n'appartient pas (uniquement) à ceux qui ont déjà participé à trois élections et huit partis politiques.

Les Bayrouistes, les Sarkozystes, les centristes, les droitistes et les gauchistes.

Ceux que le débat passionne peuvent se réunir entre eux pour trancher ce problème, bon courage, mais c'est parfaitement inutile d'en faire un point central de discussion, de soutien intempestif et encore moins d'exclusion. Le libéralisme tient tout seul debout sans avoir besoin de se rattacher mécaniquement à des familles floues comme la droite, la gauche, le centre etc... Pour aider les électeurs perdus, des cartes à deux axes peuvent nous permettre d'expliquer notre positionnement. Ca marche, même sans carte.

Les enthousiastes de la proportionnelle, les soucieux de la baisse des impôts, les rouleurs de joints.

Là on peut faire des discussions intéressantes entre nous. Certains sont plus sensibles aux institutions, d'autres à la sécu, les troisièmes aux impôts et les derniers à ce qu'ils mettent dans leur papier à rouler.

Tous ces points peuvent être mis dans le même programme sans incohérence et selon les circonstances mettre un point ou un autre en avant.

Les électrons libres, les universitaires, les sympathisants d'un courant d'un autre parti ou ceux qui ne jurent que par la société civile et le monde associatif.

En adhérant à un parti libéral, nous ne sommes que les idiots utiles des idées auxquelles nous croyons, certainement pas les uniques représentants de cette famille de philosophie politique ou de quelconques leaders. Il nous faut parler, garder des contacts et la porte ouverte avec tous ceux pour lesquels l'existence d'un tel parti ne parait pas appropriée (pour l'instant.).

Cela exige de l'écoute, de l'humilité, de la bonne volonté et accepter de ne pas tout contrôler. C'est à dire plus que des statuts, mais un état d'esprit que ceux qui ont des responsabilités devront avoir. (ou cultiver pour ceux qui l'ont déjà, acquérir pour ceux qui en manquent ou quitter les responsabilités pour ceux qui ne peuvent/veulent pas l'avoir.)

C'est à ce prix que nous parviendrons à développer un vrai parti dans les prochaines années.

Dans le cas contraire, notre avenir est tout tracé : encore plus ridicule que les verts ou l'extrême gauche : s'engueuler à 12 dans des cabines téléphoniques contiguës pour des nuances ou pour des raisons auxquelles personne ne comprend rien à part les intéressés et encore.

Ensuite viendra l'essentiel : continuer à développer le corpus idéologique, les formations, les argumentaires, les stratégies et trouver les spotlights, les pages web ou les trottoirs pour convaincre.

Riches de notre premiere expérience électorale, nous allons maintenant débattre des statuts et élaborer une stratégie qui contribuera à défendre efficacement les idées libérales dans notre pays.

Les prochains mois vont être passionnants.


 

 

 

 

11.06.2007

0.62 %..

D'abord un grand merci aux 223 personnes de la seconde circonscription qui ont mis un bulletin Alternative Libérale dans l'urne.

On ne met pas le bulletin d'un inconnu représentant un petit parti pas très connu par hasard. On sait exactement pourquoi on le fait.

Si certains d'entre vous lisent ces lignes, je vous invite chaleureusement à me contacter par mail. Vos réactions, vos suggestions nous intéressent vivement.

Parmi ces 223 personnes, je voudrais aussi remercier Nicolas Debock, suppléant, Benjamin Farque Directeur de campagne et Frederic Marchand, Colleurs d'affiches et tracteurs motivés (du verbe tracter, exemple : tracter des tracts libéraux) y compris à certaines heures ou Paris s'éveille.

Nous étions fixés l'objectif de 1% pour cette épreuve du feu, nous ne faisons malheureusement que 0,62%.

Ce qui nous laisse une certaine marge de progression pour les prochaines élections..

Tant mieux, nous avons plusieurs leçons à tirer de cette première période d'existence de notre jeune parti. Si nous avions commencé directement au sommet, cette expérience n'aurait pas pu servir à s'améliorer.. un beau gâchis d'évité grâce à ce score pas du tout soviétique (sans doute notre coté libéral qui ressort)

Notre pays a plus que jamais besoin d'un libéralisme expliqué et assumé. Seul un parti libéral peut jouer ce rôle de pédagogie puis d'action.

Nous avons maintenant cinq ans pour le faire grandir et mûrir.

A bientôt donc.

 

 

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