06.02.2007

L'alter-technologie sans emploi.

C’est bizarre.

Sur les deux moteurs qui bouleversent l’environnement économique, la mondialisation et la technologie, un seul est au centre de toutes les peurs et de tous les débats. 

En effet, autant la population, les médias et la classe politique française s’intéressent aux destructions d’emplois liées à la mondialisation autant les destructions d’emplois dues aux révolutions technologiques se font dans un silence assourdissant.

Pourtant ces deux sources de ‘destruction d’emploi’ sont assez similaires dans leurs bénéfices, dans le prix à payer, dans les perdants comme dans les gagnants.

Les bénéfices : Des biens de consommation moins chers et/ou plus sophistiqués.

Le prix à payer : Une modification continuelle des méthodes de travail. Des emplois qui disparaissent irrémédiablement tandis que de nouveaux métiers se créent.

Des perdants et des gagnants assez similaires. Entre un ingénieur bilingue ayant l’habitude de s’auto former et une ouvrière travaillant pendant 30 ans au même poste, la technologie et la mondialisation créent des opportunités ou des conséquences fâcheuses assez similaires (à côté des bénéfices, qui eux vaudront pour tout le monde)

Pourtant sur le terrain politique, le seul moteur de changement attaqué en permanence, c’est la mondialisation. Jamais l’évolution technologique.

Tout le monde parle du protectionnisme comme solution contre l’horrible libre échange, mais personne ne propose de casser les machines outils ou les ordinateurs dernier cri pour sauver l’emploi de l’abomination technologique. (Ca s’est pourtant déjà fait dans l’histoire, Le luddisme, un mouvement ouvrier des années 1811-1812 en Angleterre connu pour ses destructions de machines (métiers à tisser notamment)...) Au contraire, developper la recherche, la formation continue d’adultes est dans les discours de tous les hommes politiques..

Tant mieux pour la technologie mais dommage pour la mondialisation et ses bénéfices.

Bizarre, bizarre.

Commentaires

Dénoncer les technologies serait faire preuve trop voyante d'obscurantisme, de rejet du progrès et de la civilisation.
Tandis que dénoncer la mondialisation joue sur la peur et/ou la haine de l'étranger, c'est beaucoup plus rentable en termes électoraux.

Sinon, j'aime bien le ton faussement naïf que tu emploies.

Ecrit par : Landry | 06.02.2007

Il y a déjà une solution réaliste aux effets pervers de l'évolution technologique: la sécurité sociale et la formation professionnelle. Dans un style plus avant-gardiste, on peut citer deux types d'allocation universelle: les revenus minimums garantis (minimum vital) et les dividendes sociaux (participation au bénéfice et incitation). Il n'y a donc pas lieu de critiquer l'évolution technologique qui n'est un problème qu'en l'absence de tout système social, comme dans l'économie libérale façon Adam Smith.

La mondialisation ultralibérale institué par nos politiciens est un vecteur de dumping social. Deux solutions se posent dans cette situation:

- Première option, on s'aligne sur les règles économiques et sociales du pays qui exerce le plus fort dumping (la Chine).
Ce choix implique le passage en dictature (c'est ingérable dans un Etat démocratique) et le renoncement à toute mesure sociale y compris le revenu d'existence proné par Alternative libérale.

- Deuxième option, on rétablit le protectionnisme (càd des droits de douane, pas la fermeture des frontières évidemment) en laissant au fournisseur étranger la possibilité de s'incrire au Ministère des finances et d'être traité en tout point comme des fournisseurs autochtones, ce qui entraïne entre autre l'exonération de droit de douane.
Ce choix implique de ne plus lever d'autres impôts que les impôts directs sur les revenus des fournisseurs et les droits de douanes; c'est révolutionnaire et dérangeant du point de vue de certaines idées vague de la gauche comme le "caractère civique" de l'impôt ou le "caractère redistributif" de l'impôt.

Il est donc évident qu'il y a d'une part une relation entre l'existence de la sécurité sociale et la prévention d'un "technochoc" et d'autre part une relation entre l'existence d'une sécurité sociale et le rejet d'un droit de libre-dumping, caractéristique du marché libre et "non-faussé".

Le débat sur l'opportunité d'instituer la libre concurrence entre des agents économiques qui ne sont pas contributeurs d'une même sécurité sociale et, par extension, le débat sur l'opportunité d'ouvrir unilatéralement le marché commun à des Etats tiers dumpers (et protectionnistes) sont, quoiqu'on en pense, des aspects du débat sur la prévention d'un "technochoc".

Ecrit par : Lame | 19.02.2007

Bonjour,

Je n'ai jamais vu la sécu defendue comme une prevention du technochoc. C'est assurance maladie obligatoire (et monopolistique : -(.)

Elle n'empeche en rien les évolutions dues aux technos et elle ne se finance pas sur les dernieres decouvertes (le metro sans conducteur à Paris ne paye pas les charges sociales d'un conduteur..) comme vous voudriez que les droits de douane payent nos charges sociales. (les pauvres sans protection payent les protections des riches, c'est le progres..)

Mais je n'ai pas tres bien compris votre proposition d'inscrire l'entreprise au ministere des finances. Vous voudriez que l'entreprise paye quoi exactement dans ce cas là ?

Ecrit par : Daniel Tourre | 19.02.2007

"Je n'ai jamais vu la sécu defendue comme une prevention du technochoc. C'est assurance maladie obligatoire (et monopolistique : -(.) "
L'évolution technologique provoque entre autre des pertes d'emploi. La sécurité sociale bien faites est le filet de sécurité qui empêche le techochoc càd le fait que des milliers de gens se retrouvent sans ressource consécutivement aux effets nuisibles de l'évolution technologique.

"Elle n'empeche en rien les évolutions dues aux technos "
Rien ne peut l'empêcher pas plus qu'on ne peut empêcher les ouragans. On ne peut qu'exploiter les effets de l'évolution technologique pour en tirer profit et prévoir des mesures (la sécurité sociale entre autres) pour compenser les effets nuisibles de cette évolution. En ce qui concerne la sécurité sociale, instituer un revenu minimum garanti combiné à un dividende social sont des mesures nécessaires à long terme.

"et elle ne se finance pas sur les dernieres decouvertes"
Je ne comprend pas. La sécurité sociale doit être financé par le budget de l'Etat (surtout si l'on veut la fonder sur un revenu minimum garanti comme le revenu d'existence prôné par AL). A l'Etat de se financer sur les dernières découvertes par une politique fiscale et une politique d'investissement intelligentes.

"comme vous voudriez que les droits de douane payent nos charges sociales. (les pauvres sans protection payent les protections des riches, c'est le progres..)"
Monsieur, les pauvres dont les dirigeants français doivent s'occuper ce sont ceux qui campent le long du canal Saint-Martin et ce n'est pas en s'alignant sur les normes sociales chinoises qu'ils le pourront. Les droits de douanes ne paient pas nos charges sociales: ils garantissent que tous les fournisseurs du marché français paient l'impôt au lieu d'avoir un système qui donnent les mêmes libertés économiques aux fournisseurs établis à l'étranger qu'aux fournisseurs autochtones mais leur imposer les mêmes devoirs. Ce n'est pas ma conception d'un marché non faussé.

"Mais je n'ai pas tres bien compris votre proposition d'inscrire l'entreprise au ministere des finances. Vous voudriez que l'entreprise paye quoi exactement dans ce cas là ?"
Le fournisseur étranger qui s'inscrit au Ministère des finances reçoit le même traitement que le fournisseur autochtone. Il paie donc, dans le modèle que j'ai exposé, un impôt direct sur ses revenus (si le fournisseur est une personne morale, il s'agit d'un impôt sur les revenus de la personne morale) sous les même condition. Si le fournisseur étranger ne s'inscrit pas au Ministère des finances, il paie des droits de douanes. La logique du système est de mettre tous les fournisseurs sur pied d'égalité et d'empêcher les fournisseurs d'éluder l'impôt en délocalisant. Il s'ensuit une suppression du dumping social qui permet de conserver une sécurité sociale. Par ailleur, la concurrence joue sur l'ingéniosité et le marketing plutôt que sur les différences de niveau d'esclavage et c'est ainsi que l'on obtient des vrais progrès économiques.

Ecrit par : Lame | 20.02.2007

Je comprends deja une partie du malentendu, pour moi la sécurité sociale c'est l'assurance maladie, accident du travail, famille, retraite, (financée par des cotatisations) pas l'assurance chomage ou un revenu minimum. Vous entendez la sécurité sociale au sens large de protection sociale auquel cas effectivement une partie est financée par l'Etat.

Vous semblez croire que sans barriere douaniere, l'ensemble des rentrées fiscales disparaitraient menaçant la sécurité sociale. C'est une prédiction apocalyptique.

Votre solution de protectionnisme est un plus sophistiquée (ou plus compliquée donc difficile à faire evoluer) mais conduira au même effet pervers..

Ecrit par : Daniel Tourre | 21.02.2007

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