04.12.2006
Constructivisme, petits tas et parité
Il y a deux manières d’aborder les déséquilibres qui peuvent exister dans une société. Une manière constructiviste (conservatrice ou socialiste) et une manière libérale.
Avec la parité (pour les conservateurs et les socialistes) et la discrimination positive (pour les sarko-conservateurs), en ce moment les constructivistes s’en donnent à cœur joie.
Pour les constructivistes, la société s'organise par le haut, c'est-à-dire que l'Etat décide à quoi doit ressembler la société vue par des macro statistiques, puis fait des lois pour contraindre les personnes à favoriser les macro statistiques idéales. (50 % de femmes en politique, 15 % d'homosexuels, 23,5 % de beurs à tel poste etc...)
La méthode des constructivistes c'est donc grouper la population en petit tas selon des critères divers avant de décréter que chaque petit tas doit être égal aux autres.
Pour les libéraux, le seul tout petit tas dont il faut se soucier, c'est la personne. La société s'organise par le bas. L'Etat doit veiller à ce que chacun jouisse d'une égalité des droits quelque soit son sexe, sa race, sa nationalité, son orientation sexuelle etc... ensuite chaque personne est libre d'agir au gré de ses choix ou de ses talents. Ce n'est pas à une direction centrale en macro statistique de déterminer le destin de chacun.
La solution constructiviste présente trois inconvénients majeurs :
D'abord, elle crée un vrai racisme ou sexisme légal en flagrante contradiction avec la déclaration des Droits de l'Homme. Les personnes ne sont plus égales en droits. Une personne talentueuse peut être écartée d'un poste au profit d'une autre, sans qu'elle n'y puisse rien, elle n'est pas née avec les bons chromosomes pour les constructivistes du moment.
De plus elle traite les symptômes, jamais les causes. Le symptôme, c'est une faible proportion de femmes à l'assemblée nationale, la cause c'est un renouvellement faible de la classe politique, la misogynie des électeurs français (?) etc.. toutes sortes de mécanismes trop complexes pour être analysés sauf avec une simplification plus ou moins partiale.
Enfin, et c'est tout le problème des constructivistes, les critères pour fabriquer chaque petit tas sont nombreux. Pourquoi privilégier un critère plutôt qu'un autre ? Et si on faisait des petits tas en fonction de la race ? de l'orientation sexuelle ? et pourquoi pas en fonction de l'âge... Après tout, est-ce si juste que les plus de 50 ans se partagent la quasi totalité des sièges à l'assemblée ? Et des petits tas en fonction du revenu des parents ? du nombre d'enfants ? du QI ?
Evidemment tous les petits tas constructivistes de personnes ne vont pas revendiquer un pourcentage de sièges (le petit tas des imbéciles par exemple ne s'est jamais bâti une conscience de classe) mais très rapidement on va contrôler le nombre de Beurs, de Noirs, de Juifs, d'homosexuels etc...
Avant de partir en roue libre vers cette catastrophe, on pourrait revenir vers le libéralisme et la république. Tous les citoyens sont égaux devant la loi. Et il y a une seule minorité qui vaille la peine d'être défendue : la personne, quelque soient sa race, son sexe, sa religion.
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